LE SILENCE

et JOHN CAGE

" Les événements extérieurs deviennent intérieurs.

J'entends mon coeur, le sang parcourir mes veines.

J’ entends mes intestins, mon foie, mes muscles travailler.

J’ entend mes poumons siffler, mes alvéoles et mes clapets s’ ouvrir et se fermer. Tout mes instruments corporels se dévoilent et,

dans cette étrange symphonie, je m’ ouvre entièrement.

 

Je baigne ici depuis bientôt 2 heures. Je ne les ai pas mesurées,

j’en suis incapable. Immobile face à cet orchestre, dans un état second, je deviens l’homme, coupé de tout, dans le stimulus même du néant, bruissant de tout son silence. "

Oh . 

Silence inconnu .

En 1951, le compositeur américain John Cage, cherchant à percevoir

le silence total, se fit enfermer dans une chambre « sourde » ou

« chambre anéchoïque », un environnement techniquement aussi silencieux que possible, dans lequel la réverbération des ondes sonores est impossible.

 

Au moment où il croyait enfin atteindre le silence, il s’aperçut que ses propres battements de coeur (basses) et le son aigu de son propre système nerveux envahissait son écoute.

De cette expérience, il composera son oeuvre 4’33,

4 minutes et 33 secondes de silence (en fait constituée par les sons produits par l’environnement dans lequel il est joué), à travers laquelle il traduit le

fait qu’il est impossible, de notre point de vue, de trouver un silence parfait.

Segment tiré de .

KERNEIS Maxime,

Isolatus, du lieu d'isolement comme espace existentiel,

Mémoire de DNSEP, sous la direction de CÔME Tony, EESAB site de Rennes, Section Design, 2017.

maxime kerneis design signe